METAVERSE ET MUSÉES PERSPECTIVES

Le métaverse est une promesse technologique comme il en émerge régulièrement. Même si le marketing des GAFAM brouille un peu les pistes, les échecs du passé ont plutôt été ceux de la temporalité : le newton de Apple a mis dix ans de plus à émerger jusqu’à un palm pilot qui s’est transformé en smartphone ; les lunettes de réalité augmentée de Google devraient progressivement faire la place à des outils de réalité augmentée du même type.

Alors qu’en est-il du metaverse ?

Il est annoncé comme la révolution du Web3, particulièrement en termes d’expérience utilisateur ; alors j’ai parcouru les principaux mondes virtuels disponibles pour le grand public pour me faire une opinion et me projeter vers d’éventuels nouveaux usages pour les musées et la médiation culturelle.

Meta Horizons
Decentraland

Un réseau social 2.0 !

Il existe de nombreux metaverse : Decentraland, Meta Horizons, The sandbox, Roblox…

J’ai testé l’expérience sur Meta Horizon, Decentraland et The sandbox.

Première constatation : pas tant de changements que ça par rapport à Second life, qui a près de 20 ans et qui a connu son heure de gloire avant de chuter de manière vertigineuse.

Première constatation : Il n’y a pas grand-chose à faire à part découvrir les univers proposés, ce qui peut constituer un handicap sur le long terme ; mais ce problème était assez similaire au début d’internet. Il faut donc se projeter dans l’avenir en dénichant les atouts de ces mondes virtuels pour comprendre comment le public peut y trouver un intérêt.

Et c’est sur le terrain du réseau social que je trouve que l’innovation est la plus marquante. Sur Meta Horizon, chaque utilisateur crée son avatar et se déplace ensuite dans les mondes virtuels avec son micro ouvert par défaut. Au fur et à mesure que l’on s’approche d’un groupe en pleine discussion, on entend la conversation et on est, en général, invité à participer à l’échange.

Spontanément, donc, les relations se nouent et c’est ça la principale révolution des mondes virtuels, de mon point de vue.

Clone numérique

Graphiquement, les mondes virtuels sont assez pauvres, voire carrément rudimentaires (c’est le cas pour META horizons) ; On ne peut donc pas assimiler le metaverse à un clone numérique de lieux existants, mais plutôt à celle d’un imaginaire de jeu vidéo.

Ce problème est également dû à la volonté de certains éditeurs de simplifier la création d’univers pour supprimer la barrière technique à l’entrée pour le grand public voulant investir de nouveaux lieux.

La plupart des mondes virtuels reposent sur des terrains qui sont à vendre auprès des plateformes et dont le propriétaire dispose d’une certification NFT unique.

Le marché de l’immobilier sur le metaverse est particulièrement spéculatif et peut s’écrouler du jour au lendemain.

Et pour le secteur culturel et les musées ?

C’est sur le terrain événementiel que je pense qu’il y a le plus d’opportunités. La reconstitution de clones digitaux n’a pas de grand intérêt à cause de la rusticité des rendus graphiques et la difficulté, à ce stade, d’attirer durablement les foules. J’ai parcouru quelques expériences dans le domaine du patrimoine comme la visite de l’Abbaye de Westminster ou des musées virtuels disposant de collections en 3D ; Le rendu fait un peu peur à voir…

Par contre, les événements permettent d’associer la force du réseau social et des vidéos réelles immersives. Le public peut interagir et l’expérience proposée amène une véritable valeur ajoutée par rapport au réel.

Entrée dans une zone événementielle basée sur des documentaires immersifs à 180° basés sur des images réelles